jeudi 30 août 2012

Histoire vraie d'une douleur (jour 1)

"I kind of like the Beach Boys but I’ve never really listened to them because I saw what it did to some people – they became completely obsessed by it and got lost in it, and I didn’t want that!"

Gerard Love, mai 2012 (source)

Chez Teenage Fanclub, j'ai toujours pensé que Gerard Love était le fan des Beach Boys et Norman Blake le fan des Byrds.
 

mardi 21 août 2012

Allons manger l'usine



Guided By Voices - Let's Go Eat the Factory [Guided By Voices inc. , 2012]

"Hey kids, let me tell you something that Guided By Voices taught the world -- that you can SUCK and still rule! It can get outta sync... it doesn't sound good, and it can still rule!"
Pollard, 2007, Live from Austin TX

Le nouvel album de Guided By Voices est sorti en janvier ou en décembre dernier, je ne me souviens plus. Je ne l'ai pas beaucoup écouté au début mais il y a quelques semaines, je l'ai fait tournoyer plus que de raison. Les textes parlent toujours de choses bizarres et moi qui ne me penche pas souvent sur les paroles, je reconnais que les titres des chansons de Pollard m'interpellent encore et encore, malgré la profusion de leur auteur, par leur côté plus pointus que le simple "she loves me, she loves me not". Je ne sais pas trop d'où il sort tous ces trucs. Il explique qu'il se passe quelque chose entre les bonhommes de neige et les beignets. Ca paraît étrange, seulement ça n'est pas suffisant pour être bon et digne d'intérêt. Chez Pollard, tout me paraît très poétique et spontané. J'ai l'impression que les titres colportent un esthétisme important comme s'il se devait de marquer au fer rouge une idée avec un nom bizarre qui serait comme un petit bout magique sensé nous rappeler toute l'histoire. De quoi causent Imperial Racehorsing ou Chocolate Boy par exemple? Il faudra que je m'en inquiète un de ces quatre. En tous cas, Pollard accompagné de ces types (un groupe de bar selon Lou Barlow, les mêmes que ceux d'Alien Lanes et Under The Bushes Under The Stars) a quelque chose de différent de tout le monde et on respire un peu en laissant enfin de côté la sempiternelle production estampillée Todd Tobias, producteur multi-instrumentiste qui est responsable de la galaxie Pollard solo. Forcément que ça respire puisque le mythe lo-fi du bassiste qui est dans la cuisine, le guitariste dans la salle de bain et le batteur dans le salon ne s'est jamais autant fait sentir. Certains pourraient d'ailleurs le leur reprocher. A quoi bon sonner lo-fi de nos jours, surtout quand on a déjà réussi haut la main des disques bien produits (Do The Collapse ou le jangly Isolation Drills par exemple). On alterne sur cette nouvelle fournée entre des morceaux où priment les jolies mélodies qu'on leur connait bien et d'autres où une énergie plus  primaire se fait ressentir (Spiderfighter). Comme avant en fait mais on est loin de la diversité pop d'Earthquake Glue et de ses petites originalités (comme l'intro shoegaze de Mix Up the Satellite) et c'est en revanche plus varié dans les sonorités que sur la pop acoustique classique offerte par Half Smiles of the decomposed. Une ambiance assez proche de Vampire On Titus ou Propeller avec les années qui sont passées par là. C'est terre-à-terre, complet. C'est parfois très bon, parfois passable tout en conservant un truc bien à eux. C'est le pied.
(Le 2è album cette année, Class Clown Spots a UFO, est déjà sorti et se situe un cran au-dessus. Il est plus pop et une mention spéciale est à décerner à Tobin Sprout pour ses compositions inspirées. On le voyait déjà venir sur Let's Go Eat the Factory sur lequel il signe Waves. Un troisième album annuel, annoncé plus tendu, va sortir à l'automne)

vendredi 17 août 2012

Une fête qui déchire




"La vie bouge très vite. Si tu ne t'arrêtes pas de temps en temps elle te file entre les doigts." Ca, c'est ce que dit Ferris Bueller face-caméra pour être bien certain que ça reste coincé dans nos crânes de décérébrés. A l'heure où l'actualité est disponible en continu, minute après minute, le format fanzine papier existe toujours pour des gens qui aiment respirer et prendre leur temps. Parmi eux, j'ai mis la main récemment sur quelques Rad Party écrits par Stéphane Delevacque. J'en entendais souvent parler mais n'en avais jamais eu devant les yeux et c'est une bonne découverte. Pour présenter le fanzine, il faut préciser qu'il a la particularité de ne pas être un recueil d'interviews et de critiques seulement. Il est constitué d'innombrables nouvelles (copiées pour la plupart à la main) qui mêlent vie quotidienne et musique avec un fond toujours très fouillé en terme de réflexion sur soi, sur les autres, sur tout ce gros bordel qu'est la vie. "Stories Of Hopes And Non Senses, Fears, Failures And Losses... Keeping It Real, Fucked Up And (Mostly) Handwritten Since 1991!" en est le sous-titre. Les chroniques du quotidien sont parfois ponctuées par des remarques très pertinentes sur des sujets très divers. Voilà par exemple ce qu'il dit des médias et de la culture. Pas de rengaine non argumentée puisqu'il pointe très justement le sensationnalisme ambiant: 

"D'une manière générale, les médias ont tendance à donner une image tellement fausse et accentuée du moindre mouvement socioculturel pour répondre à un public en manque de sensationnalisme que l'on oublie presque sa vraie teneur."

Il faut également souligner que le talent d'illustrateur de Stéphane Delevacque est saisissant et ajouté à celui qu'il détient pour l'écriture, il fait de chaque numéro une œuvre à part entière. J'ai eu la bonne surprise en tournant les pages de me rendre compte que ses dessins avaient déjà intrigué mes pupilles dans le mag X-Rock qui paraissait il y a quelques années de ça et proposait un bon concentré de groupes intéressants (de Sparkling Bombs à Sweet Apple Pie pour le côté français, de Serafin à Ken Stringfellow pour le reste du monde). Je me souviens encore de l'image de ce guitariste jean déchiré penché sur ses pédales de disto et dont on imaginait la transpiration capable de traverser le papier (une illustration qui ornait des interviews du Jerry Spider Gang ou d’Hawaii Samurai).
Ce dessin m'avait inspiré celui-ci d'un niveau bien en dessous mais son trait m'avait pas mal marqué:
C'était signé de ce mec qui continue depuis des années son activité avec humilité et dont on ne parle pas assez souvent, même au sein du public rock au sens large, pour des raisons qu'on a du mal à comprendre.

A lire: une anecdote sur Ted Leo.