mardi 21 août 2012

Allons manger l'usine



Guided By Voices - Let's Go Eat the Factory [Guided By Voices inc. , 2012]

"Hey kids, let me tell you something that Guided By Voices taught the world -- that you can SUCK and still rule! It can get outta sync... it doesn't sound good, and it can still rule!"
Pollard, 2007, Live from Austin TX

Le nouvel album de Guided By Voices est sorti en janvier ou en décembre dernier, je ne me souviens plus. Je ne l'ai pas beaucoup écouté au début mais il y a quelques semaines, je l'ai fait tournoyer plus que de raison. Les textes parlent toujours de choses bizarres et moi qui ne me penche pas souvent sur les paroles, je reconnais que les titres des chansons de Pollard m'interpellent encore et encore, malgré la profusion de leur auteur, par leur côté plus pointus que le simple "she loves me, she loves me not". Je ne sais pas trop d'où il sort tous ces trucs. Il explique qu'il se passe quelque chose entre les bonhommes de neige et les beignets. Ca paraît étrange, seulement ça n'est pas suffisant pour être bon et digne d'intérêt. Chez Pollard, tout me paraît très poétique et spontané. J'ai l'impression que les titres colportent un esthétisme important comme s'il se devait de marquer au fer rouge une idée avec un nom bizarre qui serait comme un petit bout magique sensé nous rappeler toute l'histoire. De quoi causent Imperial Racehorsing ou Chocolate Boy par exemple? Il faudra que je m'en inquiète un de ces quatre. En tous cas, Pollard accompagné de ces types (un groupe de bar selon Lou Barlow, les mêmes que ceux d'Alien Lanes et Under The Bushes Under The Stars) a quelque chose de différent de tout le monde et on respire un peu en laissant enfin de côté la sempiternelle production estampillée Todd Tobias, producteur multi-instrumentiste qui est responsable de la galaxie Pollard solo. Forcément que ça respire puisque le mythe lo-fi du bassiste qui est dans la cuisine, le guitariste dans la salle de bain et le batteur dans le salon ne s'est jamais autant fait sentir. Certains pourraient d'ailleurs le leur reprocher. A quoi bon sonner lo-fi de nos jours, surtout quand on a déjà réussi haut la main des disques bien produits (Do The Collapse ou le jangly Isolation Drills par exemple). On alterne sur cette nouvelle fournée entre des morceaux où priment les jolies mélodies qu'on leur connait bien et d'autres où une énergie plus  primaire se fait ressentir (Spiderfighter). Comme avant en fait mais on est loin de la diversité pop d'Earthquake Glue et de ses petites originalités (comme l'intro shoegaze de Mix Up the Satellite) et c'est en revanche plus varié dans les sonorités que sur la pop acoustique classique offerte par Half Smiles of the decomposed. Une ambiance assez proche de Vampire On Titus ou Propeller avec les années qui sont passées par là. C'est terre-à-terre, complet. C'est parfois très bon, parfois passable tout en conservant un truc bien à eux. C'est le pied.
(Le 2è album cette année, Class Clown Spots a UFO, est déjà sorti et se situe un cran au-dessus. Il est plus pop et une mention spéciale est à décerner à Tobin Sprout pour ses compositions inspirées. On le voyait déjà venir sur Let's Go Eat the Factory sur lequel il signe Waves. Un troisième album annuel, annoncé plus tendu, va sortir à l'automne)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire