vendredi 17 août 2012

Une fête qui déchire




"La vie bouge très vite. Si tu ne t'arrêtes pas de temps en temps elle te file entre les doigts." Ca, c'est ce que dit Ferris Bueller face-caméra pour être bien certain que ça reste coincé dans nos crânes de décérébrés. A l'heure où l'actualité est disponible en continu, minute après minute, le format fanzine papier existe toujours pour des gens qui aiment respirer et prendre leur temps. Parmi eux, j'ai mis la main récemment sur quelques Rad Party écrits par Stéphane Delevacque. J'en entendais souvent parler mais n'en avais jamais eu devant les yeux et c'est une bonne découverte. Pour présenter le fanzine, il faut préciser qu'il a la particularité de ne pas être un recueil d'interviews et de critiques seulement. Il est constitué d'innombrables nouvelles (copiées pour la plupart à la main) qui mêlent vie quotidienne et musique avec un fond toujours très fouillé en terme de réflexion sur soi, sur les autres, sur tout ce gros bordel qu'est la vie. "Stories Of Hopes And Non Senses, Fears, Failures And Losses... Keeping It Real, Fucked Up And (Mostly) Handwritten Since 1991!" en est le sous-titre. Les chroniques du quotidien sont parfois ponctuées par des remarques très pertinentes sur des sujets très divers. Voilà par exemple ce qu'il dit des médias et de la culture. Pas de rengaine non argumentée puisqu'il pointe très justement le sensationnalisme ambiant: 

"D'une manière générale, les médias ont tendance à donner une image tellement fausse et accentuée du moindre mouvement socioculturel pour répondre à un public en manque de sensationnalisme que l'on oublie presque sa vraie teneur."

Il faut également souligner que le talent d'illustrateur de Stéphane Delevacque est saisissant et ajouté à celui qu'il détient pour l'écriture, il fait de chaque numéro une œuvre à part entière. J'ai eu la bonne surprise en tournant les pages de me rendre compte que ses dessins avaient déjà intrigué mes pupilles dans le mag X-Rock qui paraissait il y a quelques années de ça et proposait un bon concentré de groupes intéressants (de Sparkling Bombs à Sweet Apple Pie pour le côté français, de Serafin à Ken Stringfellow pour le reste du monde). Je me souviens encore de l'image de ce guitariste jean déchiré penché sur ses pédales de disto et dont on imaginait la transpiration capable de traverser le papier (une illustration qui ornait des interviews du Jerry Spider Gang ou d’Hawaii Samurai).
Ce dessin m'avait inspiré celui-ci d'un niveau bien en dessous mais son trait m'avait pas mal marqué:
C'était signé de ce mec qui continue depuis des années son activité avec humilité et dont on ne parle pas assez souvent, même au sein du public rock au sens large, pour des raisons qu'on a du mal à comprendre.

A lire: une anecdote sur Ted Leo. 

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