mardi 15 octobre 2013

Les humeurs variées de Ben Vaughn


Ben Vaughn est de passage en ville amigos e amigas.

Qui est-il? Que boit-il au petit-déjeuner? Il est musicien et ce depuis des lustres puisque Nineteen en parlait en son temps. Un temps où je ne devais même pas être l'embryon de moi-même. Il est au sommet d'une discographie fournie qui est encore pleine de mystère pour moi, mais comme j'ai de l'imagination, je le vois bien sauter d'un style à l'autre après la seule écoute de son album instrumental (de jazz?) Designs in Music, ainsi que celle du disque certes inégal mais enregistré en Ecosse avec des musiciens de Teenage Fanclub et Belle and Sebastian, album qui se divise en une partie folk et une partie pop/rock. Il a d'autres cordes à son arc. Par exemple, dans les années 90, il a produit en douceur l'album country de Ween, c'est évidemment de là que je le connais. Il est également à l'origine de la musique de That 70's show. Voilà pourquoi c'est Big Star au générique (il a co-composé un album avec Alex Chilton et Alan Vega). C'est surtout son émission de radio, Many moods of Ben Vaughn, désignée ainsi en hommage à Fred Neil, qui plus tôt cette année, est entrée dans mon périmètre vital au moment où naissait chez moi le furieux désir de visiter comme un sauvage de nouveaux rivages. C'est sous un ton calme et rassurant qu'il diffuse à l'antenne folk, jazz, soul, bossa, blues, rock 50's, rock 70's, power pop, punk, reggae... Je lui dois par ailleurs une obsession pour le xylophone suite à la découverte de la musique de Johnny Lytle. Et donc le voilà qui vient jouer en ville lundi prochain. C'est pas fou ça? Les arbres sont magnifiques, l'herbe est verte, les oiseaux chantent. Avec un peu de chance, il passe pas loin de chez vous.

Quelques liens:



Site Officiel

Quelques disques passés dans la dernière émission:

mardi 10 septembre 2013

Respect nothing but rock

Il aura fallu que Fred soit parti à Paris pour que l'envie de réécouter le premier album de Billy Gaz Station se fasse sentir. J'avais comme oublié, pendant qu'il était là, que j'étais fan de son groupe. Pour ne pas faire les choses à moitié, j'ai commandé l'édition qu'il en avait été fait en vinyle, une coproduction Bad Mood Records, GPS prod et Kerosene, sur laquelle a été rajoutée la reprise de Grant Hart des Posies qui figure aussi sur la compilation qui est . Led Zep Waltz, c'était bien vu!

 



jeudi 5 septembre 2013

The Milons et leurs bonnes manières

The Milons - Some Heavy Ways [Smalltones Records, 2012]

Some Heavy Ways est le premier album de ces jeunes charentais (un EP le précède) qui jouent une power pop dont le power est loin d'être négligé, car on se prend dans le ratelier des riffs à la pelle sans rien voir venir, des riffs moins bluesy que ceux que l'on entend chez Billy Gaz Station, des riffs qui privilégient moins l'énergie que l'inertie se différenciant ainsi de MSL Jax qui fonde sa puissance sur une dynamique affolée. Ils doivent se douter que la comparaison avec leurs aînés est inévitable. Voilà qui est fait, on n'en parle plus. Leur bio cite les Posies et l'on sait que le groupe mené par Jon Auer et Ken Stringfellow est particulièrement apprécié de la scène de Jarnac. C'est en y prêtant attention, sur les morceaux les plus mélodiques aux refrains bien roulés, que leur formule libère des odeurs qu'on se plaisait à humer chez le groupe de Seattle mais aussi chez Sloan. Qu'on ne s'y trompe pas cependant, le son des guitares, allié à une section rythmique bien rodée, fait basculer la nuance vers les ambiances plus musclées d'Amazing Disgrace ou d'Action Pact, et moins vers celles plus légères de Frosting On The Beater ou Twice Removed. Faut pas les pousser deux fois pour remuer des métaux lourds. Le tee-shirt Riddle of Steel qu'on leur voit porter sur la photo en dessous n'a rien d'un heureux hasard et l'influence du groupe du Missouri plane sur les 40 minutes que dure le disque! Le résultat paraît bien assimilé, en tous cas extrêmement efficace. Aucun temps mort. Un super disque très direct et homogène comme le veut le genre.

Page artiste Smalltones


mercredi 24 juillet 2013

Un autre état d'esprit


Bill Janovitz - Walt Whitman Mall [sans label, 2013]


Avec Long Island, ça commence par un coup de poing power pop comme on aurait pu l'encaisser sur un album de Buffalo Tom. Bill Janovitz, toujours vocalement chaleureux et de plus en plus en nuance de ce côté-là, est très inspiré sur les chansons de ce disque qui parlent toutes de lieux précis comme sa ville natale de Huntington, de Long Island, de New York ou d'endroits du Massachussetts (rappelons que c'est à Boston que se sont formés Buffalo Tom). On notera malgré tout que dès que notre gringo cogne sur les fûts lui-même, ce qui n'est pas tout le temps le cas, le jeu un peu plat ne sert pas les chansons comme elles le mériteraient.

Bill Janovitz parle de l'album ici: http://billjanovitz.com/blog/?page_id=643  

Si vous cherchez une baraque, il est aussi agent immobilier à Boston et fait preuve d'un goût certain en architecture.

Surfer Blood – Pythons [Sire, Warner, Kanine, 2013]

Il y avait de ces rythmes tropicaux à la mode de notre temps sur leur premier album. J’étais en train de m’y faire et même d’aimer ça, ouais. Le groupe ne m’a pas consulté et a donc décidé que c'en était terminé de ces touches exotiques en cadence et qu'il était temps d'aller réveiller Gil Norton pour se mettre à rocker un peu plus sérieusement. C’est bien relatif, car la dose de pop a encore une fois été versée en très très grande quantité dans le mélange. Sans vouloir émettre là une critique, la guimauve mollassonne de la voix du chanteur ne s’est pas évanouie naturellement malgré ses tentatives de révolte (il crie). C’est peine perdue que de vouloir enlever une patate quand on l’a bien coincée dans les bajoues, et encore une fois, ce n'est pas pour pointer du doigt un lourd défaut, ce sont de bonnes patates pour de belles bajoues qui donnent de la personnalité à l'ensemble. L’enregistrement est en tous cas plus droit et certains morceaux sont moins désinvoltes que sur le premier album. Le bémol étant qu’ils sont loin d’être les premiers à faire de la power pop bien carrée et que les bonnes intentions des groupes qui pululent ne suffisent pas à faire de bons albums. De fait, même si c'est dans cette catégorie que se trouvent mes disques favoris, j'y ai trempé d’abord un orteil de façon à pouvoir le retirer rapidement en cas d’arnaque. Faut-il souffler d'épuisement face aux références aux Pixies? Pas tout de suite, jeune voyageur, rassieds-toi, merde, c’est quoi cette éducation? S’ils sont à des années-lumière de dégager l’énergie des Pixies ou des premiers Weezer, ce n’est pas en leur défaveur, leur rayon étant bien plus pop et leur sensibilité souvent new wave. Ils confirment ici l'impression de détenir une singularité qui, je pense, leur donne la capacité de se dégager de l’image du groupe surf/pop qui prend toutes ses photos sur instagram. Leurs compositions tiennent la route, le chanteur sort du lot mais ne peut pas plaire à tout le monde, leur jeu simple et concis est reconnaissable. Ca prend belle tournure cette histoire. Prochaine étape qui n'étonnerait personne: un album produit par Ric Ocasek. L'EP paru entre les 2 albums convient mieux au format pop de leurs chansons qui étaient d’ailleurs meilleures sur ce format court. Je ne parle pas des faits divers dans lesquels le chanteur est impliqué, vous irez chercher vous-même pour vous faire une idée. J'en ai moi-même rien à foutre mais après avoir vu ce type un peu fadasse en concert en 2010, c'est presque une façon de montrer qu'il est vivant. Il pourrait le montrer d'une autre manière.

Mastervoice – Instrument-Transition (Some Produkt, Kicking Records, Smalltones, 2012)

« A Périgueux, j’ai l’impression que ça les soulage quand je joue » m’a dit l’autre fois Billy The Kill avant un concert. C’est un bled où à 1 heure du mat’, les types peuvent t’expliquer de long en large et en mettant la main sur le cœur combien les Pixies ont été importants pour eux. Mastervoice viennent justement de cette petite ville et on ressent dans leur musique cette passion sans faille et cette honnêteté vis-à-vis de leurs influences. Ils déploient un jeu hyper tendu -c'est sec mes amis, c'est sec!- et en ayant dit ça on est obligé de préciser, même si ça ne défie pas les lois de l’originalité, que c’est Bob Weston qui s’est occupé de mastériser à Chicago ce disque enregistré au Black Box Studio d’Angers. Cela permet en revanche de situer le son que le duo cherche à produire. Même si certains le leur reprochent, Mastervoice tire son épingle du jeu en associant à une musique noise une voix penchant sur l’emo. Les instrus rentrent dans le lard pendant que la voix est empreinte de mélancolie de sorte qu’on se sent à moitié bien, mais bien quand même. Derrière le côté percutant de la musique elle-même, quelques plans qui ne sont pas dus à la voix soulignent encore cette mélancolie et (par pointes sur le génial "A few degrees of loneliness" ou sur "Ink Blood") ces ambiances me font dire qu’ils ont dû écouter Riddle Of Steel de temps en temps, à la fraîche. A La Rochelle en juin, je suis rentré au moment où ils jouaient leur dernier morceau, un instrumental étiré qui monte en puissance. Il devait s'agir d'Instrument, l'avant-dernier morceau de ce disque. J'ai pensé à Codeine qui aurait tendu leur arc. Ca rigolait pas. Sur l’EP, dès que le chant emo est en place, on se situe dans un autre registre qu’on pourrait rapprocher de celui de groupes comme Bluetip malgré des différences fondamentales dans le jeu, les points communs étant apportés par la voix qui donne une certaine féminité à l’ensemble (c’est comme ça que je le ressens, chez Led Zep aussi vous me direz) et par la tension générale qui emporte les morceaux. 
Ah oui, c’est un duo basse/batterie.


Rubrique nécro:

Storm Thorgerson est mort 14 jours après avoir lu ce que j'ai écrit sur la pochette de The Mollusk.

Une rétrospective des pochettes qu'on lui doit est visible sur ce site, pour le meilleur et pour le pire: 
http://www.hipgnosiscovers.com/