samedi 27 février 2016

Je vois ce portrait tous les jours dans le salon. Ca me rappelle ce blog donc, et en particulier que je dois finir le compte-rendu du concert de Ken Stringfellow. J'ai un paquet de trucs à dire, ça va attendre un peu.

lundi 15 février 2016

Faire plus moderne que les impressionnistes

Il se passe beaucoup de choses en ce moment, autant personnellement que musicalement. Comme prévu, je suis en train de raconter le concert de Ken Stringfellow de l'année dernière mais ce n'est pas encore fini. Ensuite Fred (Alera), anciennement Billy The Kill, sort son nouvel EP que j'écoute depuis quelques mois. Ensuite, encore, il y a quelques années, je citais Gerard Love qui disait qu'il aimait bien les Beach Boys mais qu'il ne les avait jamais réellement écouté parce qu'il voyait ce que ça faisait à certaines personnes: ils deviennent complètement obsédés et ils se noient dedans. J'y suis en plein dedans, surtout la face B de Today (Kiss Me Baby) puis Til I die, et quelques autres, In my room, Warmth of the sun, Surfer girl... Le premier album des Bee Gees aussi revient constamment, quand même.
C'est l'occasion de passer cet article en anglais sur Love and Mercy:
J'ai retrouvé la première compile des Beach Boys que j'ai écoutée, un disque gravé d'un emprunt à la bibliothèque. Si quelqu'un reconnaît la tracklist et peut me retrouver la référence, je n'y ai jamais remis la main dessus. Ma préférée était Wendy, à l'époque. Je détestais In My Room.
Mais, je ne vais parler que d'une chose aujourd'hui. Trois ans après ma déclaration d'amour et  quatre ans après leur rupture, après un album de Gene Ween sous le nom de Freeman où il envoie tout le monde se faire foutre - "fuck you all I got a reason to live and I'm never gonna die" - Ween ont annoncé de nouveaux concerts en décembre et ça a commencé ces jours-ci. Si jamais ça peut intéresser quelqu'un, voilà le premier concert et sa fière setlist de 33 titres: 
L'occasion de vous passer certaines des plus belles chansons de Ween, suivie de Ode To René, parce que leur français approximatif très distingué me fait bien marrer.

samedi 30 janvier 2016

MATTHEW CAWS, Metronum, 30 janvier 2015

Il y a pile un an, avant d’aller enregistrer le prochain album de Nada Surf avec ses deux acolytes habituels, Matthew Caws a profité du temps libre dont il disposait pour bricoler une petite tournée en France, accompagné simplement de sa guitare (et de son ordinateur portable qui lui a servi pour jouer certaines intros atmosphériques). Son passage à Toulouse a eu lieu fin janvier. C’était quelques semaines après les attentats. Je suis clairement allé à ce concert pour me changer les idées et me plonger dans des choses que je connaissais. 

Depuis 2005, j’ai vu jouer Nada Surf, pfff quoi ? bien 3 ou 4 fois, chaque fois au Bikini. La première fois était sans doute mon premier concert au Bikini qui venait juste de rouvrir après la longue fermeture à cause de l’explosion d’AZF (raté: c'était à la salle des fêtes de Ramonville).
 Je ne me rappelle pas avec qui j’y suis allé. Ca m’étonne d’y être allé seul parce que vers 2004/2005 ça me serait pas venu à l’idée d’aller voir un groupe en cow boy solitaire. C’est comme ça que j’ai raté Serafin en ouverture de Frank Black. Je sais pas ce qui m’avait décidé d’aller voir Nada Surf parce que j’avais un pote rabat-joie qui ne jurait que par eux et Girls in Hawaii. Et bon, voilà, j'écoutais aussi d'autres choses. Mon admiration pour Nada Surf est venue progressivement. Quand est-ce que je les ai entendus la première fois? Certainement à la période Let GoInside of love passait continuellement à la radio. J’avais aussi The way you wear your head sur une compile. J’ai eu du mal à réécouter Let Go pendant un bon bout de temps pour des raisons de nostalgie aigüe. Paradoxalement, c’est indéniablement un grand album et je me le repasse avec plaisir nowadays. Ensuite, c’est à la biblio que j’arrêtais pas de cambrioler à cette époque, que j’ai remonté le temps. J’aimais les deux premiers, mais je passais pas mon temps avec. J’ai beaucoup aimé The Weight is a gift is a gift quand il est sorti. J’avais l’impression d’être le seul. Aujourd’hui, j’apprends que c’est le deuxième album préféré de Matthew Caws.
 
En décembre, il a répondu à une interview où il cause de toute la disco de Nada Surf. C'est  (Il se pose la question intéressante de savoir ce qu'il se serait passé s'il avait interpellé le grand Mitch Easter rencontré dans un train au lieu d'enregistrer le premier album avec Ric Ocasek). L'album suivant, je n’ai jamais réellement écouté que See These Bones. Je sens que je rate quelque chose. Et puis j’ai vachement aimé le dernier, produit par Chris Shaw qui est une bombe power pop où Doug Gillard, auteur du riff GENIALISSIMESQUE d'I am a Tree de Guided By Voices, amène quelques guitares de son cru. 

Ces quelques concerts étalés sur quelques années ont également été l’occasion de découvrir des premières parties qui valent le coup, la grande timbale étant remportée par John Vanderslice que j’écoute toujours aujourd’hui. Un concert de Nada Surf, c’est toujours bien. L’apport de Doug Gillard est un plus mais ce n’était pas moins bon avant qu’il arrive. Pour faire très court, je suis content de les voir à chaque coup, mais je ne peux pas m’empêcher de regretter qu’Ash ou les Posies ne soient pas aussi populaires pour pouvoir tourner chez nous, d’autant plus que Ken Stringfellow et Jon Auer habitent en France, j’y reviendrai et ça concerne aussi Matthew Caws. 

Cette fois, il jouait donc sans son groupe au Metronum, à Borderouge, qui, je précise pour les non-toulousains, est une salle relativement nouvelle qui se situe en banlieue. C’est une salle que j’aime bien parce que son architecture me donne l’impression d’aller en Espagne. Dans la cour intérieure, on a le ciel au-dessus de la tête et ça t’expédie dans un pays étranger en deux temps trois mouvements.

C’est en attendant dans cette même cour que j’ai vu arriver Matthew Caws, cheveux poivre et sel, bien sapé, air décontracté, saluant quelques personnes. Il n’était pas le seul à l’affiche de la soirée. Ca a commencé avec Totorro et puis ça s’est terminé par Laetitia Sheriff. Je n’ai pas vu jouer cette dernière donc je n’en dirai rien, cela va de soi. A propos de Totorro, jeune groupe rennais, j’ai aimé quelques passages, mais je fais une allergie aigüe aux rythmes tropicaux jouées par des guitares portées trop hautes, surtout sur du post-rock. Matthew Caws a joué dans une petite salle que je n’avais jamais remarquée, accolée à la grande salle principale. On était serrés comme des sardines, j’étais à 2m de la scène, mais j’ai dû me mettre sur la pointe des pieds. Il a été bavard entre les morceaux. On a vu quelqu’un de calme qui nous a parlé de son père et lu un texte que celui-ci a écrit. Il nous a également expliqué certaines chansons, par exemple la genèse de See these bones… qu’il a écrite à propos de reliques qu’il aurait vues à Rome mais je ne me rappelle pas précisément le point qu’il a voulu soulever. Il a évoqué le prochain album de Nada Surf. Une chanson de cet album, intitulée Believe you’re mine est sortie fin décembre et c’est d’ailleurs une chanson dans la veine de See These Bones, ballade mélancolique à la façon de 99% du répertoire de Death Cab for Cutie. Tout ça évoque pour moi la relative froideur du label Barsuk et le studio du Tiny Telephone de John Vanderslice situé à San Francisco où sont passés Death Cab, Spoon, Bob Mould, The Mountain Goats, entre autres, qui sont très différents les uns des autres mais desquels il émane des points communs évidents. 
On peut rajouter dans la même famille: The Long Winters, Harvey Danger, les Decemberists, A.C. Newman et une bonne dizaine d’autres qui chantent souvent un peu du nez, il faut bien le dire. Pareil, des groupes extrêmement différents, mais qui se font sans doute livrer le vin du même domaine. Je parle de ça parce que si on me posait la question, je répondrais du tac-au-tac qu’à mon avis, ces quelques groupes et ce son typique empreint de mélancolie, ont gravé esthétiquement les années 2000 et ils ont eu une influence non négligeable sur l’évolution de Nada Surf à partir de Let Go, d’où un John Vanderslice embarqué en tournée en 2005. 
Il est d’ailleurs marrant de voir interagir tout ce petit monde sur facebook à l’heure actuelle. On apprend des choses qu’il était impossible de connaître en 2001. Est-ce que c’est une bonne chose ou une mauvaise ? Va savoir. Pendant le concert, Matthew Caws a évidemment joué une majorité de chansons de Nada Surf mais aussi certaines chansons de Minor Alps, le duo qu’il forme avec Juliana Hatfield. Je n’avais entendu que le single de l’album de Minor Alps qui est sorti en 2012. Ca a donc été l’occasion de découvrir de très beaux titres de ce disque comme Maxon. Eliott Smith semble être une grande inspiration pour ce disque. D’ailleurs Juliana Hatfield a repris Needle in the hay sur un album où des artistes reprennent des chansons des B.O. de de Wes Anderson. 
J’étais avec une amie qui outre avoir été sur la Weezer Cruise, est une grande fan d’Elliot Smith et de Let Go. Elle a écrit une petite chronique de l’album de Minor Alps ici :

Comme je le disais, on était confinés dans la petite salle et ça a créé une atmosphère particulière. A la fin, le public s’est dégorgé vers la salle principale. Devant le stand de merchandising, Matthew Caws a discuté avec les personnes qui le désiraient et en petit comité, il a joué quelques chansons supplémentaires, dont le très demandé Killian’s Red. Je ne suis pas resté voir Laetitia Shériff. J’ai bu un verre de plus et je suis parti. Le vague à l’âme qui s’échappe de toutes ces chansons est déjà présent quand elles sont jouées par Nada Surf, mais il est multiplié par 1000 quand c’est un type tout seul avec une guitare acoustique. Pendant quelques semaines, j’ai essayé de retrouver ces mêmes teintes. Ca m’a occupé un certain temps. Et j’ai découvert Major Cooper. Matthew Caws, lui, a repris la route. Quelques jours plus tard il s’est arrêté chez Ken Stringfellow nouvellement installé à Tours. La suite au prochain épisode.

dimanche 17 janvier 2016

Pour votre santé évitez de grignoter entre les repas.

La suite de mon rapport sur l'année 2015 va arriver dès que possible, mais pas de suite. Je suis en train de faire un roman sur le concert de Matthew Caws. J'avais oublié que c'est cette année que j'ai vu Ken Stringfellow aussi. Je perds un peu les pédales. Je vais raconter tout ça calmement en prenant mon temps.

Laurent est seul à Zanzibar. Il a lancé une newsletter hebdomadaire. J'espère qu'il va s'y tenir. Si vous voulez apprendre comment une sale mioche a essayé de lui faire abandonner le nom Mars Hotel sur l'internet, c'est par là: https://tinyletter.com/LaurentQ

dimanche 3 janvier 2016

2015, deuxième partie

Bon, je voulais retracer toute une année musicale qui m'est personnelle bien sûr, mais je me rends compte que c'est un travail gargantuesque. Je vais oublier plein de choses. C'est difficile à organiser et quand il s'agit de musique, je n'aime pas trop organiser, mais bon, je vais rajouter quelques mots et ce que j'ai oublié fera l'objet d'articles pour 2016.

The Both / Exit Verse / Thin Lizzy
The Both
Exit Verse
Thin Lizzy

En écrivant les titres de ces 3 disques, je me rends compte que ce sont tous des éponymes et tous des premiers albums. Passons aux présentations. The both pour commencer. Je vais vous raconter l'histoire. Aimee Mann et Ted Leo ne sont pas les plus grands adeptes du "less talk, more rock" quand ils sont sur scène. Ils sont connus pour plaisanter abondamment entre les morceaux et ils poussent même le vice un peu plus loin car en marge de leurs activités musicales, il leur arrive de participer à des podcasts avec des amis humoristes. Je ne peux pas vous dire s'ils sont drôles, j'en doute pas, mais c’est de connaissances communes dans ce milieu et d’un sens de l’humour en commun – une blague sur twitter les a fait rire en chœur racontent-ils - que leur amitié s’est affirmée bien qu'ils se connaissent depuis longtemps. En 2012, ils ont participé à une tournée commune et sur la route, ils ont commencé à écrire des chansons ensemble. Ainsi est né The Both. Pour ce nouveau groupe et ces nouvelles chansons, le son du premier album de Thin Lizzy est présenté comme inspiration principale, la chanson "Honesty is no excuse" en particulier, qui est reprise à deux voix sur l'album du duo. Il se trouve que cet album de Thin Lizzy, je l'ai écouté assez souvent en début d'année et avant d'être mis au courant de l'information qui précède, j'avais fait le rapprochement avec Thin Lizzy en écoutant The Both, surtout au niveau de la texture, des voix fortes. Donc pour le coupe c'est réussi, mais les mélodies chez The Both sont plus marquées et la voix féminine amène autre chose. En tous cas l'album est très réussi. On continue avec Thin Lizzy qui vous allez le voir est le liant de mon exposé. Bien que ce soit plus lent et jazzy, j'ai également pensé à Thin Lizzy en écoutant Unsolved de Karate. Il se trouve que Geoff Farina a formé un nouveau groupe Exit Verse. Et que vois-je en lisant certaines chroniques, que ça sonne comme Thin Lizzy et Ted Leo. Je cours, je vole et je tombe sur un excellent disque de classic rock.
Pour conclure sur Thin Lizzy, Eric Belly, guitariste du trio original, a répondu à une interview au sujet du premier album. Tout roule.

Jack Womack - Random acts of senseless violence (en VO)
Cette année a été aussi marquée par une lecture importante. Merci à Laurent pour ce bouquin qui retrace via son journal intime l'évolution d'une ado dans un monde qui tombe en ruine. J'ai relu le dernier paragraphe du livre une fois par jour pendant une semaine.

La suite plus tard. Elle contiendra mes ressentis sur les concerts de Matthew Caws, des Replacements et de Mourn. Et j'essayerai de causer de Bob Nanna (Braid, The City on Film), de Promise Ring, et de la nouvelle garde côté US qui me botte: Superheaven et Rozwell Kid.